Séminaire de Jodo du 18 Février 2011

 

René van Amersfoort sensei, 7ème dan Renshi, a dirigé le séminaire de Jodo. Nous étions peu nombreux, mais nous avons travaillé d’une façon approfondie certains points techniques très importants.

Il a débuté en rappelant la position du Jo en début de salut. Il est vertical et l'extrémité posée au sol est placée dans un triangle fictif formé par la différence de longueur des orteils. 

Tsune no Kamae :
Puis nous avons commencé par revoir la saisie du Jo en Tsune no Kamae : il est tenu par l’annulaire et le petit doigt.
On doit veiller à ne pas mettre de tension dans le reste de la main et du bras ; ainsi la souplesse du coude et du poignet est conservée et le Jo reste en direction du plexus de l’adversaire. Mais il est peu incliné, du fait de la distance importante entre Tachi et Jo.
Remarque : Par la suite, ne pas oublier d’ajuster l’orientation du Jo en fonction de la distance avec l’adversaire.

Honte ni Kamae :
Nous avons abordé ensuite la prise de Honte ni Kamae :
   - Ne pas oublier de se tenir très droit et de bien centrer le corps.
   - Avancer le Jo selon une ligne dirigée vers un point situé entre les yeux de l’adversaire. Cette action a pour origine le bas du corps et il ne faut pas tendre le bras droit devant.
   - Avancer le pied droit orienté vers l’adversaire. Les deux pieds doivent présenter un écart suffisant.
   - Les deux mains sont centrées au moment de la saisie du Jo. Une légère rotation des hanches permet de placer le corps en position « Yaya Hanmi » ce qui dégage la main gauche et permet éventuellement de tirer le Jo vers l’arrière en maintenant son orientation.
   - Le pied droit doit être bien planté dans le sol en utilisant comme points d’appui le devant du pied et l’arête externe. Il ne faut pas être en appui sur le talon. Cela est valable pour les 2 pieds. On pousse sur le genou afin de maintenir le corps dans son axe vertical pour mettre la pression sur l’adversaire. Nous avons répété plusieurs fois cette prise de garde.

Lors de la prise de garde Honte ni Kamae, René sensei a rappelé que le combat commence avant la prise de garde. Elle doit être précédée d’une phase de concentration ou de focalisation sur l’adversaire.
On doit apprendre à y mettre de la fluidité, a bien engager tout le corps, c'est-à-dire à ne pas être trop prudent.
Si le corps n’est pas engagé, il y a un risque d’être déséquilibré en arrière et de perdre le contrôle de la situation.

Quand on revient de Honte ni Kamae à Tsune no Kamae, la concentration doit être maintenue.
Tout en avançant le pied gauche au niveau du droit, on baisse le Jo en direction du nombril de l’adversaire. Pendant la descente, le Jo reste dans le même angle, le Jo Saki menaçant successivement les yeux, la gorge, et le plexus de l’adversaire.

Hiki Otoshi :
Puis nous avons étudié la prise de garde « Hiki Otoshi »
 :
La position du corps est en « Ma Hanmi » :
   - Selon le côté, on se positionne avec le pied gauche (avant), ou le droit, orienté vers l’adversaire, et le pied droit (arrière), ou le gauche, placé à 90°.
   - La main gauche, ou la droite, est ouverte, et posée à la hauteur de l’aisselle gauche, ou droite, sans tension.

Puis pour continuer à travailler très souplement, nous avons fait un exercice qui consistait à chasser le Jo adverse avec un Jo.
La main droite glisse volontairement jusqu’à la gauche tandis que le Jo Saki touche le sol.
L’axe du corps doit rester bien vertical, il faut redresser les hanches vers l’adversaire et ouvrir le pied qui est devant de façon à ne pas pencher le corps en avant (le pied arrière pivote sur le devant).
Il est important de pousser le Jo de l’adversaire, et non de le couper. Si on réalise une coupe, il y a un danger car le Jo adverse ne posséde pas de tsuba et les mains de Uke pourraient être atteintes.
Le Jo étant dans l’axe de l’adversaire, on doit tenter de toucher « son nez ».

Pour aider à réaliser cet exercice, le pratiquant peut monter le Jo le long d’un mur afin d’éviter que le bras ne s’écarte du corps. Puis il laisse tomber le Jo à la manière d'un arbre abattu par un bûcheron : "Timberrrrr !!"

Pendant toutes ces actions, il faut veiller à avoir les épaules relâchées.

 

Kuri Hanashi :
Puis nous avons abordé la saisie de la Tsuka du Tachi par le Jo en Kuri Hanashi.

Action d’Uchidachi :
   - La coupe doit passer par l’axe central du corps
   - Relâcher les épaules et le haut du corps, et ne pas monter les épaules au moment de l’armer.
   - La distance doit être correcte.
   - L’énergie doit être transmise dans le Tachi
   - Mettre du Hara

Action du Shidachi :
   - 16 cm sont nécessaire pour contrôler la Tsuka de l’attaquant. Pour se faire il est nécessaire d’avoir un déplacement exact  en partant d’Hiki Otoshi:
   -  Reculer le pied gauche sur la même ligne que le droit,
   -  Avancer d’un petit pas le pied droit,
   -  Avoir le pied droit à l’extérieur de celui du Tachi.
   -  Ce contrôle doit être réalisé sans force.
   -
  
La main gauche continue de monter un peu après le contact pour verrouiller le blocage.

 Après cela nous avons décomposé l’action de Kuri Hanashi :
   - Après avoir contrôlé le Tachi, avancer d’un pas sur le pied droit avec un Ki Ken Tai (le pied gauche exerce une poussée) en restant parallèle à l’axe principal,
   - Puis faire glisser la main droite vers la gauche en baissant cette dernière sur le Jo.
   - Il y a une coordination entre l’action du pied droit et celle de la main droite.
   - Le Tachi doit suivre le mouvement sans faire opposition (il doit être collé au Jo).
   - Le Tachi recule pied droit, puis le pied gauche passe devant le droit, puis droite-gauche pour se retrouver en garde Hasso no Kamae.

Le relâchement des mains de Tachi fait qu’il recule en face de l’adversaire.
La descente des bras du Tachi débute lorsque son pied gauche touche le sol. La main gauche descend, puis la droite avec une grande relaxation (les 2 bras doivent tomber avec facilité et naturel par la force de gravité). La main gauche se place sur le Obi.
Le Bokken est dirigé naturellement vers l’arrière.
Après le chassé de Kuri Hanashi et la prise de garde du Tachi, ce dernier doit bien montrer sa Tsuka à l’adversaire, la lame est dirigé vers l’arrière.

En ce qui concerne l’axe selon lequel est repoussé le Tachi, un Jo est posé sur le sol et matérialise l’axe central séparant les 2 adversaires. Il est enjambé du pied droit lors du recul, puis le pied gauche passe devant le droit et vient se positionner devant le droit dans l’axe du Jo (le Tachi tourne alors le dos à l’adversaire). Puis en pivotant sur le pied gauche dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, le pied droit se repositionne en passant derrière le gauche et en se décalant vers la droite.

Le Jo doit faire un pas vers la droite pour renouveler l’exercice.

Dans Kuri Hanashi, le Jo Saki suit une trajectoire orientée vers l’avant

 

Ranai :
A partir de cet exercice, que nous avons enchaîné un certain nombre de fois, nous avons abordé la fin du kata Ranai.

René sensei a rappelé qu’après Kuri Hanashi, quand le Tachi attaque à nouveau, Shidachi doit reprendre le centre et être en opposition contre le Bokken pour attaquer à son tour.

Les 2 mouvements difficiles pour les participants ont été la prise de garde du Jo, quand sur la pointe des pieds, il menace Uchidachi au niveau des yeux, avant l’Atemi au plexus.
Là, il a fallu travailler l’équilibre et se concentrer sur son Hara avant de descendre le Jo, en gardant la menace pour exécuter l’Atemi.
La  dernière attaque a aussi été étudiée : après l’action de Do Barai, le Jo fait une ouverture au sol pour inciter le Tachi à attaquer ; et là, Jo chasse le Bokken, puis recule le pied et prend la garde Hasso avec le Jo. Celui-ci ne doit pas être penché en arrière afin de pouvoir faire le dernier Atemi.

 

Autres katas :
L’après midi, a été consacrée à l’étude du 5ème kata de Seitei Jo : Sakan.

Puis nous avons poursuivi cette journée de stage avec 2 kata de Koryu : Hoso no Michi (Omote Waza) et Yoko Giri Dome (Chuden Waza).

A chaque fois, René sensei nous rappelait les points techniques abordés le matin même, pour les mettre en pratique au travers de nos exécutions. 

 

Et pour clore cette journée de séminaire, nous avons fait chacun 10 Hiki Otoshi dans un rythme soutenu....

Puis, la journée s’est terminée par la photo traditionnelle.

 

Dominique Nevrouze,
avec l'aide des notes de François Lamiable