KESHIN
 - Esprit de Détermination -

 Concepts 


JO HA KYU :    

Ce principe, en provenance de Chine, apparaît aux environs du VIIIème siècle avec le Gagaku (musique de Cour). Il est adapté au sens artistique Japonais que l'on retrouve dans le théâtre Nô.
Il se traduit comme l'introduction, le développement, et la conclusion d'une action. Sa signification se traduit dans l'exécution, par une accélération graduelle avec une sensation de pression croissante qui arrive à son maximum quand le mouvement se termine. 
Le déplacement des pieds (Ashi Sabaki) dans les
formes dramatiques du est identique, dans ce même esprit, lors de la pratique des katas de Iaïdo.

Certaines personnes croient qu'il faut effectuer les Kata à toute vitesse, mais cela ne veut pas dire que leur technique soit efficace. Cela permet aussi de cacher ses défauts et ses déséquilibres, du moins le pensent-ils.

"Le geste du Sensei paraît lent mais il est dans le temps". (Myamoto Musashi)
Pas de précipitation : il faut juste accélérer le rythme de l'action (esquive, coupe), et effectuer un déplacement au bon moment (juste ce qui est nécessaire).
Il n’y a pas de rupture entre deux actions, mais un "ralentissement" dans le rythme entre les mouvements lents et rapides. C'est dans ces moments là que l'on peut faire ressortir le Zanshin et le Ki, par l'énergie du Hara. 

Le rythme de Nuki Tsuke commence avant de poser les deux mains sur la poignée du sabre. Puis, c'est une succession d'actions qui vont graduellement augmenter en puissance et en vitesse pour finir par la projection du Kissaki.
Les mains et les épaules vont jouer en deux forces opposées
, Ying/Yang, pour séparer les deux éléments lame-fourreau dans la plus grande décontraction, en maintenant la force dans le Hara, et en serrant juste la main droite à la fin de l'action.
C'est l'action simultanée de ces deux forces et l'accélération qui permet de projeter notre Ki, depuis les hanches jusqu'à la pointe de notre sabre ; c'est cela que l'on nomme Jo Ha Kyu.

Cependant, dans certains Katas, en situation de Go no Sen, la rapidité de notre action ne permet pas de voir le Ha ; il n'y a plus que Jo Kyu.
Cela se retrouve dans le Kata Uke Nagashi, l'Atemi au début de Gan Men Ate, la coupe de Soete Tsuki, etc... pour en donner quelques exemples.