KESHIN
 - Esprit de Détermination -

 Accueil | Iaido | Jodo | Shodo | Enseignants | Dojo | Cours | Calendrier | Liens | Photos
 Documentation
 | Concepts | Lexique


CONCEPTS

                                                               


Préambule

Les concepts suivants et leurs développement sont issus et/ou traduits de documents que nos amis nous ont transmis, de recherches dans diverses publications, des enseignements que nous avons reçus et de nos réflexions qui ont fait suite aux différents séminaires auxquels nous avons assisté en Europe et au Japon.

Ces concepts ne sont qu'un début de réflexion et une information sur la pratique du Iaido et des arts martiaux.

Tout ce qui est écrit sur cette page, et ses annexes, est pour rappeler que le Iaido n'est pas une simple chorégraphie avec un sabre, mais qu'il forme un vaste ensemble de concepts différents, tous imbriqués les uns avec les autres, à l'image de l'Homme vers la Voie de la Sagesse. C'est la compréhension du geste qui est importante et non l'aspect visuel.

Les termes des concepts suivants sont difficiles à traduire et à mettre en écrit. Les professeurs ne pourront vous les expliquer et les développer que lors d'un entraînement, et selon votre niveau de pratique et de compréhension. 
Il faudra les développer et les ressentir, aussi bien dans votre esprit que dans votre corps, au cours des entraînements, et non en dissertant assis autour d'une table. Ils ne peuvent être convenablement compris que de cette manière. 

Cette liste des quelques principaux concepts, et les explications qui suivent, n'est pas exhaustive.
Dans les examens de grades, le jury regardera si le pratiquant en comprend le sens et est capable de les appliquer dans l'exécution des katas
.

Enfin pour finir, je vous conseille la lecture du livre de Pascal Krieger "Ten Jin Chi - ou une approche calligraphique du Budo", où vous aurez les idéogrammes de quelques concepts associés à un début de réflexion.

Ph. Merlier

DAI KYO SOKU KEI :
Grand, Fort, Rapide, Régulier.
Lire

ENZAN NO METSUKE :
Regard sur des lointaines montagnes.
Lire

FUDOSHIN :
Ce terme peut-être traduit diversement: par sans arrière-pensées, sans idées arrêtées, sans contraintes. 
L’esprit libre, non entravé par la pensée consciente, pour percevoir toutes les choses.
Il a été mieux décrit par des maîtres éclairés tel que Yagyu Munenori et des maîtres de Zen tel que Takuan Soho. Il y a aussi une relation avec Shi Shin
Cet état se rapproche de l'esprit qui est libre pour percevoir toutes choses, et qui n'est pas entravé en étant retenu par des pensées conscientes (Fushin).

FUKAKU : 
C'est une caractéristique du caractère, de l'attitude du Budoka expérimenté. 
Elle se développe au cours des années d'entraînements rigoureux. Elle est impossible à décrire, mais avec l'expérience, elle devient reconnaissable au sein des autres connaissances acquises.

FUSHIN : 
L'esprit arrêté
Quand il est entravé par la peur, le doute ou, distrait par des réflexions logiques et conceptuelles (intellectualisation), l'esprit n'est pas libre de répondre aux circonstances imprévues.

JO HA KYU : 
Il se représente le rythme dans la préparation, le développement et la conclusion d'une action.
Lire 

KASSO TEKI : 
Adversaire imaginaire
Lire

KI :
Il est à la base de tous les arts martiaux car il exprime condensation et libération de l’énergie de l’individu.
Dans la pratique, on localise le Ki dans le Hara. Il associe énergie, intellect et sentiment. C’est à la fois la parcelle d’énergie cosmique qui se trouve inhérente à chaque existence et qui lui donne sa personnalité.
On peut avoir un KI fort : Tsuyo-Ki, ou faible : Yowa-Ki.
Lire

KIGURAI :
L'allure, le comportement, le maintien. 
La supériorité qui vient avec la connaissance de l'utilisation du sabre. Mais ce n'est pas de l'arrogance. 
C'est la caractéristique qui empêcherait, en dernier lieu, des agresseurs potentiels plein d'audace de porter une attaque.
C'est la force provenant de la confiance en soi ; la capacité surnaturelle de deviner les intentions d'un adversaire.

KI KEN TAI ICHI (Shin gi taï ichi) :
L'esprit, le sabre et le corps ne font qu'un. 
Lire

KIRYOKU
Forte détermination, ou Réserve d'énergie spirituelle utilisée pour soutenir le corps après que les limites physiques (endurance) aient été dépassées.
Quand l'attaque est caractérisée par un Ki Ken Taï Ichi, un Jo Ha Kyu et un Seme et, que le sabreur démontre un Kiguraï et un Fudoshin, il y aura une telle impression de ne pouvoir arrêter cette attaque que l'ennemi ne pourra pas résister. C'est Kiryoku.
Lire

KOIGUCHI NO KIRI GATA :
Manière de "couper" la « bouche de carpe ». C'est la technique "d'ouvrir" la Saya ; c'est-à-dire, débloquer le sabre du fourreau, en dégageant le Habaki.
Cela concerne la vitesse des mains arrivant à la Tsuba et à la Tsuka, la position et la façon de pousser la Tsuba avec le pouce, d'une manière discrète,
et en glissant la main gauche sur la Saya, avant de commencer à dégainer.

KOKORO :
Il n'y a pas un mot unique en Français pour ce terme. 
Il est souvent traduit comme Esprit, Cœur, et même Honneur. C'est l'attitude de franchise et d'honnêté qui enseigne Confiance et Respect.

MA :
C'est la distance dans le temps et dans l'espace. Elle est essentielle dans les combats.
En Kendo / Iaido, Ma se réfère habituellement à la distance temporelle, alors que Ma-ai est utilisé pour les distances spatiales.

MAKOTO :
Ma : Vérité - Koto : Conduite
Sincérité, loyauté, authenticité. Dans la tradition japonaise, ce terme signifie la pureté de cœur dans les actes.
C'est un principe essentiel dans notre pratique et dans notre comportement quotidien.

MERI HARI :
Modulation entre doux et fort.
C'est la dynamique dans un geste.
Il s'agit de l'alternance de relâchement et de mise en puissance. Par exemple, lorsque vous armez le sabre au-dessus de la tête, vous n'avez pas besoin de serrer de toute vos forces la poignée avec vos mains, sinon vous créez une contraction dans les épaules et ralentissez votre geste.
Par contre, vous avez besoin de mettre toute la puissance dans vos mains (davantage dans la main gauche) pour lancer le Kissaki vers l'adversaire et pour réaliser une coupe puissante.... Pour ensuite relâcher la pression dans vos mains lorsque le sabre est arrêté à bonne hauteur.
C'est la pulsion, le rythme de la vie ; comme les cycles "éveillé-endormi", ou comme le rythme de votre muscle cardiaque.

RIAI :
Signification ou, Logique
Ce qui veut dire, la compréhension de ce que vous vous efforcez de faire. 
Pour la plupart, c'est Kasso Teki, cela n'inclut pas seulement l'ennemi en train d'être couper, mais les obstacles à éviter, la position des autres personnes proches qui ne sont pas impliquées et, tous les autres points spécifiques déterminés par la forme.

 SATSU JIN KEN / KATSU JIN KEN :
Quand le sabre est destructeur, c'est « Le sabre de prise de vie » - Satsu Jin Ken
Sans utiliser la violence et avec calme, c'est « Le sabre du don de la vie » - Katsu Jin Ken.
Lire

SAYA NO UCHI NO KACHI :
La victoire dans la Saya. 
C'est l'ultime objectif du sabreur, obtenir la victoire sans dégainer
.

SEI TO DO : 
Sang-froid et mouvement. 
Lire

SEME : 
Poussée, ou plus exactement pression
La sensation de contenir l'adversaire, ou de le maintenir à terre. 
En contrôlant les mouvements du corps et du sabre avec une sensation de repousser ou de le presser vers le bas, l'adversaire peut être mieux maîtrisé en l'empêchant de prendre la situation à son avantage, tout en réduisant les ouvertures (Suki) dans lesquelles il pourrait attaquer.
Cette notion doit rester présente du début à la fin de chaque kata.
Cela génère l’idée que pour gagner, il faut déstabiliser l’adversaire avant la coupe. 
Pour y parvenir : un corps droit, solide, le Hara tendu en poussant le ventre vers le bas, les bras souples, les hanches fortes et redressées vers l’adversaire : Il faut "construire" sa position avec le Kigurai.

SHU HA RI : 
Les trois étapes dans le développement complet du sabreur :
Shu : 
L'étape de l'apprentissage au cours de laquelle les élèves suivent en détail les instructions des professeurs sans se poser de questions. 
Ha : 
Etape au cours de laquelle l'élève expérimenté regarde plus loin les enseignements de son Senseï, en vue d'ordonner ce qui a été appris et, d'étendre ses connaissances. 
A ce stade, il est possible d'enseigner à des élèves qui sont encore dans la section Shu.
Ri : 
Etape existante quand la compréhension est suffisante pour pouvoir enseigner seul comme un professeur compétent dans sa technique.
Ces trois étapes sont considérablement imbriquées, particulièrement les deux premières.
Dans le système actuel des grades, le Renshi se rapproche de l'étape de transition du Shu au Ha, le Kyoshi de Ha à Ri, et le Hanshi étant Ri.
Pour reprendre une image donnée par un Sensei : l'homme est à l'image de la pierre destinée à la sculpture :
- Ebauche - Forme - Polissage.

TACHI KAZE : 
Le vent du sabre. 
Le vent du sabre est le son produit par le sabre lorsqu'il coupe. 
Quand la lame est correctement dirigée et la force correctement placée, l'amplitude maximale du bruit du sabre indiquera où commence réellement la coupe de l'adversaire.

TAI CHI TAI BUN : 
Entendre avec votre corps, penser avec votre corps (à l'opposé de vos oreilles et de votre cerveau). Ce qui veut dire, que se fier aux organes des sens pour percevoir  les informations est superficiel et, aussi que de penser intellectuellement à la technique est sans pertinence. 
L'étude du sabre devra être sentie et absorbée par tout le corps et apprise par l'expérience de la pratique et de la vie.
Durant un examen, on ne pense plus, le corps agit instinctivement, et c'est notre cœur (Kokoro) que nous montrons au travers de notre pratique.

TAMERU :
Construction / Elévation : c'est le concept le plus important après la technique.
Cela veut dire que même si le mouvement est arrêté dans l'exécution d'un Kata, l’Esprit continue (Sémé, Zanshin...).
Le souffle est important et doit être continu pour éviter les "coupures" entre les différentes phases d'un Kata.
Un Kata est un ensemble de phases, elles-mêmes composées de sous-phases, puis de "sous-sous-phases" où chaque petit geste a son importance et doit être fait, et..... le tout doit être inter-connecté ("connecting", disent nos amis anglais).
Le but est de ne pas laisser "souffler" le ou les adversaires...

Pour résumé et en utilisant l'image de l'élévation d'un mur, un Kata se "construit" avant de débuter les premiers gestes, en "construisant" sa posture physique et mentale (fondation), puis en ajoutant des "briques" (sous-phases) que l'on lie les unes avec les autres, en utilisant le "ciment" (Tameru).

Le contraire de ce concept est Tomeru (voir ci-dessous).

TOMERU :   
Arrêt, Esprit absent. A la différence de Tameru, c'est faire des arrêts entre chaque phase d'un Kata, et sans qu'il n'y ait de liaison entre elles. Tout s'arrête (corps et esprit) après chaque phase, laissant à un adversaire éventuel une opportunité temporelle pour nous attaquer.

ZAN GEI :
Sentiment après la coupe.
Nous sommes heureux d'être toujours en vie, mais nous regrettons d'avoir tué un adversaire qui n'a pas su s'arrêter malgré notre menace (Sémé). C'est la compassion d'avoir ôté la vie à un être adverse.

ZANSHIN : 
Il est souvent traduit comme Conscience, mais ce n'est pas tout à fait juste. 
La conscience des menaces éventuelles, des dangers potentiels, etc..., de ce qui est autour de soi, en est une partie. 
Il est plus en rapport avec l'état d'esprit après une action. Il est caractérisé par le Kamae ou le Shisei, par le Seme, par la projection du Ki et la continuité du souffle (Kiaï) après une coupe.
Lire